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Une journée à Himeji

Une journée à Himeji

Une belle étape depuis Kyoto ou Osaka

Située dans la région du Kansai, Himeji est une ville facilement accessible depuis Kyoto ou Osaka, et cela grâce au Shinkansen, le fameux TGV japonais. La durée du trajet est d’environ une heure et ne vous coûtera pas un yen si vous possédez le JR Pass. On peut donc envisager sans problème de visiter la ville en une journée, effectuant un aller-retour depuis l’une de ces deux villes. Sorti de la très touristique Kyoto ou de la grouillante Osaka, Himeji vous paraîtra calme et apaisante, et vous donnera l’aperçu d’une ville nippone moyenne, très bien conservée historiquement, le patrimoine de la ville ayant survécu aux destructions de la seconde guerre mondiale.

Les célèbres plaques d’égouts décorées du Japon

Pourquoi se rendre dans la ville de Himeji ? –

Si vous vous rendez à Himeji ou dans la région du Kansai, vous ne pouvez pas manquer le château du héron blanc. C’est ainsi que l’on surnomme le célèbre château d’Himeji, réputé dans tout le Japon pour sa blancheur et sa beauté. Il est d’ailleurs considéré comme étant le plus beau château de l’archipel nippon, conservant son « tenshu » ou donjon d’origine. Aujourd’hui il n’existe plus au Japon que 12 châteaux de ce type, les autres ayant été détruits par la guerre ou la nature, puis reconstruits plus tard pour certains. L’exemple type d’un château détruit par les bombes américaines, puis reconstruit à l’identique après guerre, est celui de Nagoya.

À côté du château se trouve le jardin Koko-en. Situé à quelques minutes à pied, je n’avais jamais entendu parler de ce jardin auparavant. Quoi qu’il en soit, il constituera la suite de ma visite dans cette paisible ville de Himeji, car nous sommes en novembre et la saison des « momiji » ou des érables, est à son apogée. Les jolies couleurs de l’automne devraient être au rendez-vous et faire le bonheur des japonais qui adorent se prendre en photo devant les branches rougeoyantes des érables. Moins connue des touristes, cette saison des momiji est tout aussi populaire que celle des « sakura » ou fleurs de cerisiers, au printemps.

Les douves du château
Depuis le parc vous aurez de très jolies vues sur le château

À la découverte d’un joyau préservé –

Depuis quelques jours déjà je fais étape dans la ville d’Osaka. C’est une base parfaite pour rayonner dans toute la région et explorer les villes secondaires moins connues et moins touristiques. Toujours armé de mon Nikon en bandoulière, je sors de mon hôtel et avale un double expresso au Starbucks du coin. Direction le métro et la gare de Shin-Osaka pour prendre à l’heure mon Shinkansen, qui ne m’attendra certainement pas vu la ponctualité des trains japonais. Je suis toujours surpris par ces files bien ordonnées de japonais rigoureux qui attendent sagement l’arrivée du train. Avant de monter à l’intérieur, les équipes de nettoyage passent les wagons en revu. Propre, confortable et rapide, le Shinkansen vous amènera à Himeji en moins d’une heure.

Arrivé à la gare de Shin-Himeji, on aperçoit déjà le magnifique et gigantesque château du héron blanc qui trône fièrement au bout d’une longue avenue qui le relie à la gare. Le soleil est au rendez-vous et le ciel est bleu azur. Une journée parfaite pour explorer la zone et capturer de beaux clichés. Sur le chemin qui me conduis au plus célèbre monument de la ville, je peux observer les plaques d’égouts décorées à l’effigie du château, les japonais s’étant spécialisés dans la décoration de plaques d’égouts. Chaque ville possède ses propres motifs avec des monuments, des mascottes et même des Pokémon. 

Lorsqu’on arrive aux pieds du château de Himeji, on se sent tout petit. En effet, c’est un des plus grands du japon, mais également l’un des mieux conservé. La blancheur du monument contraste avec le bleu du ciel, et lui confère une sorte de pureté. On ne peut qu’être émerveillé devant un bâtiment aussi beau et bien entretenu. L’entrée du site ne vous coûtera pas plus que quelques centaines de yens, et vous pourrez même acheter un billet cumulable avec le jardin Koko-en. De manière générale, les sites payants ne sont jamais très chers au Japon, et il n’est pas rare de trouver des billets cumulants plusieurs sites d’une même zone. Dans tous les cas, on vous les proposera, et ça sera toujours avantageux.

En pénétrant l’enceinte du château, et en faisant le tour, on peut observer le donjon principal mais également plusieurs autres, un peu plus petits. Les murs et la toiture, dans le plus pur style japonais, sont en parfait état. Vous prendrez plaisir à observer et à photographier l’ombre des arbres sur les murs blancs. Au final, l’édifice paraît tout puissant, et on remercie le ciel que ce joyau n’ai pas disparu au cours de l’histoire.

À l’intérieur même du château il ne reste pas grand chose, seulement de longs couloirs en bois avec de minces escaliers assez raides qui permettent d’accéder aux étages supérieurs. Il faudra vous déchausser dans le monument, et garder vos chaussures avec vous dans un sac plastique. Au dernier étage du château, vous aurez une vue magnifique sur la ville et les collines environnantes, remplies des couleurs automnales en cette toute fin de novembre.

Vue sur le parc depuis le sommet du château

En quittant le complexe on passe par un parc rempli d’érables aux feuilles rouge, jaune, orange et marron. Le spectacle des branches secoués par le vent est magnifique, et le soleil qui brille accentue encore la beauté de l’instant. Très peu de touristes, mais beaucoup de japonais qui prennent des selfies devant ces branches flamboyantes, et ne se lassent pas du panorama. C’est dans ces moments là que l’attrait des japonais pour la contemplation de la nature prend tout son sens. En me dirigeant vers le jardin Koko-en, je fais le tour des douves du château pour prendre en photo quelques chats qui font la sieste, ainsi qu’un magnifique héron cendré.

Le soleil accentue le rougeoiement des feuilles

À la découverte d’un joyau méconnu –

Avant d’acheter ce billet groupé, je n’avais pas connaissance de ce jardin. Il est mentionné dans mon guide de voyage Lonely Planet, qui lui consacre à peine quelques lignes. Pas forcément motivé, je passe de lourdes portes en bois et pénètre dans ce jardin typiquement japonais. En quelques secondes je suis transporté à l’époque d’Edo, celle du Japon d’autrefois, des samouraïs et des geisha. Le spectacle est saisissant, et le rouge des érables vous saute au visage et vous ébloui. Les couleurs de l’automne se reflètent dans les différents bassins qui ponctuent la succession de jardins, et bambous, érables, résineux, chutes d’eau, ponts, pagodes, carpes et autres éléments décoratifs viennent orner et sublimer les jardins du Koko-en. Un véritable enchantement visuel qui ravira les amateurs de culture nippone et de paysages purement japonais. On retrouve ainsi cet esprit zen dans chaque jardin, et on prend le temps d’apprécier et d’observer la beauté organisée des lieux.

Je n’irai volontairement pas plus dans le détail de ce jardin Koko-en, qui mérite plus d’être vu que décris. Selon moi, il vaut largement le détour si vous êtes dans la région du Kansai, et j’irai même plus loin en affirmant que c’est un des plus beaux jardin que j’ai pu visiter au Japon. Sans prétention aucune, car situé dans une petite ville secondaire, il rivalise pourtant avec d’autres jardins comme le célèbre Kenroku-en de Kanazawa.

Les plans d’eau créent de magnifiques reflets

Au final, cet ensemble château + jardin fonctionne parfaitement sur une journée depuis Kyoto ou Osaka, et vous pourrez visiter deux merveilles du patrimoine nippon. Ces lieux photogéniques attirent pas mal de touristes, mais globalement moins que dans d’autres grandes villes du pays. Himeji est donc une étape agréable à privilégier au printemps pour les cerisiers, ou en automne pour les érables.

J’espère que cet article vous aura donné envie de découvrir la ville. N’hésitez pas à laisser vos commentaires, et à me poser vos questions. Suivez-moi également sur Instagram @hugoatokyo 

Hugo Charnin

Chat japonais en flagrant délit de sieste

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