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Au Japon, la remarque sexiste de trop

Il faut voir la photo, ou mieux encore, la vidéo, pour prendre toute la mesure de l’offense commise. On y voit un fringant élu de l’assemblée métropolitaine de Tokyo, Akihiro Suzuki, plongé dans une inclinaison proche de 90 degrés devant une jeune femme, élue de la même assemblée, qui le regarde faire, droite dans sa veste de soie bleu ciel.

Les excuses très publiques de M. Suzuki, 51 ans, à sa collègue Ayaka Shiomura, 35 ans, le 23 juin, ont été le point d’orgue d’une affaire qui a passionné les médias japonais et alimenté les conversations à Tokyo ces deux dernières semaines. Et l’écho rencontré par cette regrettable affaire donne une idée du défi auquel est confronté le premier ministre, Shinzo Abe, dans sa stratégie de transformation du Japon.

Le 18 juin, l’intervention en séance de Mme Shiomura, membre d’un parti centriste, le Parti de tous, sur la politique familiale du gouvernement a été interrompue par des cris venus des bancs du parti au pouvoir, le Parti libéral-démocrate de M. Abe (PLD). « Tu ferais mieux de te marier », « toi tu dois être célibataire », « est-ce que tu es au moins capable de faire des enfants ? »… Sous cette pluie de perles du machisme nippon, l’élue a abrégé son discours et quitté la tribune.

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