Les craintes des autorités japonaises semblent se confirmer. Vendredi 27 mars, le ministère de la gestion publique a annoncé une hausse des prix à 2 % en février. Hors impact de la hausse de la TVA, de 5 % à 8 % le 1er avril 2014, les prix ont stagné, une première depuis mai 2013.

Depuis sept mois, la hausse des prix ralentit dans l’Archipel, une tendance qui confirme les inquiétudes formulées le 17 mars par le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda. « Un retour en territoire négatif ne peut être exclu », avait-il déclaré, en attribuant la faible inflation à la forte chute des prix du pétrole, tout en considérant que « la tendance à long terme restait inchangée ».

L’évolution menace les « Abenomics », ces mesures adoptées par le gouvernement du premier ministre, Shinzo Abe, pour favoriser une croissance durable dans l’Archipel. Elle complique également la réalisation de l’objectif de 2 % d’inflation, que voulait atteindre en deux ans M. Kuroda lors de sa prise de fonctions, en mars 2013.

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Il espère désormais le faire d’ici à avril 2016, même si, au sein du gouvernement, le sentiment domine aujourd’hui que la BoJ ne doit pas rester prisonnière de ce délai. En deux ans, l’institution a acheté pour 150 000 milliards de yens (1 149 milliards d’euros) d’actifs, un chiffre en hausse de 114 % par rapport à l’avant-M. Kuroda.
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